Parallèlement aux fouilles archéologiques à Goudelancourt, très vite, l’idée de créer un musée et de présenter les découvertes au grand public va prendre naissance: les archéologues bénévoles de l’association GRAC, sous la direction de leur Président, Alain Nice, établissent des contacts avec une municipalité locale, à Marle, gros bourg de 2500 habitants…

La naissance du musée

Le Maire, Yves Daudigny, est tout de suite emballé par l’idée de créer un Musée dans sa ville. Il s’en donne les moyens, convainc son conseil municipal et débloque les crédits.

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En juin 1991, le Musée des Temps Barbares, associé à un dépôt de fouilles officiel, est donc ouvert au public dans un ancien moulin. Avant d’être un musée, cet endroit était un moulin banal, qui appartenait au domaine de Marle. Il fut construit au XIIème siècle et fut ravagé par la force des eaux en 1750. Il fut rétabli par la suite.

Présentation

En parcourant ce musée, réparti sur deux niveaux, le visiteur s’immerge dans l’ambiance de l’époque, le contexte archéologique : un montage audiovisuel retrace, avec une grande fidélité et force détails, l’historique des fouilles aussi bien du cimetière que de l’habitat.

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La présentation muséographique est claire, associant objets, reconstitutions, maquettes, panneaux explicatifs. Tout est fait pour que le grand public comme les spécialistes puissent découvrir cette époque dite «barbare» ou approfondir leurs connaissances.

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Quelques vitrines

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Le couvercle de sarcophage

Ce couvercle est décoré, ce qui est assez rare : le défunt devait donc être d’un rang social élevé. Ce sarcophage est à l’origine de la découverte de la nécropole.

Sur les côtés du couvercle les traces des coups de socs de charrues sont bien visibles.Le couvercle mélange les motifs typiquement chrétiens (croix, décors en arrêtes de poisson) et animaliers (serpents stylisés) qui indiquent des restes de mythologie germanique (le serpent symbolisant le monde souterrain, le monde des morts). Le personnage inhumé dans ce sarcophage était donc probablement en voie de christianisation.

Au VIème siècle après JC, dans les campagnes de la Gaule, les coutumes païennes persistent, et l’évangélisation ne se fait que lentement à partir du VIIème siècle.

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Fibules

Trois fibules aviformes en or, montées sur une platine en bronze, et décorées de filigranes et de pierres précieuses de type grenats. Ce sont de véritables bijoux

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Stèle aux oiseaux

Une stèle aux oiseaux illustrée à gauche, décorée sur les trois côtés de motifs géométriques et animaliers (colombes ?). Certains spécialistes supposent que cette stèle était un corbeau (élément architectural supportant une poutre), ce qui pourrait signifier qu’il existait un édifice en dur près de la nécropole (chapelle funéraire ?) .

Des armes, des outils, des bijoux, des objets de parure, des poteries, des clés, des ciseaux, des ossements humains et animaux… le musée de Marle est riche en vestiges permettant de recomposer la vie quotidienne des guerriers-paysans ayant vécu sur le site de Goudelancourt lès Pierrepont.